AIM-9 Sidewinder

AIM-9 Sidewinder
image illustrative de l’article AIM-9 Sidewinder
Missile d'entrainement AIM-9L en 1982.
Présentation
Type de missileMissile air-air à courte portée
ConstructeurRaytheon Corporation, Ford Aerospace, Loral Corp.
Coût à l'unité262 000 US$ pour la version AIM-9X
Déploiement1956
Caractéristiques
MoteurBermite MK.36
Masse au lancement85
Longueur3,02
Diamètre0,127
Envergure0,28
Vitesse2,5 machs
Portée1 à 18 km
Charge utile9,4 kg d'explosif à fragmentation (WDU-17/B)
GuidageAutodirecteur Infrarouge
Plateforme de lancementaéronefs
Maquette de l'une des premières versions

Les AIM-9 Sidewinder sont une famille de missiles air-air courte-portée guidés par infrarouge de type tire et oublie (fire and forget), conçus et fabriqués aux États-Unis. Son nom vient d'un serpent, le sidewinder snake (Crotalus cerastes, espèce de crotale) qui détecte ses proies par la chaleur. Particulièrement efficace en combat air-air rapproché, il est emporté par de nombreux appareils, incluant des hélicoptères.

Développement

Versions initiales, AIM-9 A et B

L'histoire de ce qui deviendra un des plus grands succès de l'industrie de l'armement, commence en 1950 à China Lake, centre d'essais de l'United States Navy. L'idée était d'adapter un système de guidage et de contrôle sur une roquette air-air de 12,7 cm. Une cellule photoélectrique au sulfure de plomb (PbS) sensible à la chaleur fut donc installée derrière une vitre hémisphérique dans le nez d'une de ces roquettes. Une autre grande idée fut d'adapter des « rollerons » sur l'empennage de la roquette, induisant une rotation sur son axe longitudinal qui avait pour effet de stabiliser le vol. Les premiers tirs de tests eurent lieu en 1951, et le , une première cible (un Grumman F6F Hellcat télécommandé) fut abattue en essais. Le code XAAM-N-7 fut choisi pour suivre le développement. La production d'une première série de développement d'AAM-N-7 Sidewinder 1 démarra en 1955 chez General Electric, qui avait gagné le contrat. L'année suivante, il entra en service au sein de l'US Navy. Seuls 240 exemplaires furent produits. En 1963, la désignation changea et l'AAM-N-7 Sidewinder 1 devint AIM-9A Sidewinder, tandis que l'AAM-N-7 Sidewinder 1A devint AIM-9B Sidewinder, ce dernier étant la version de production.

L'efficacité du système de guidage était très faible. Il ne « voyait » qu'un cône de 4° vers l'avant et était très sensible à toutes les sources de chaleur (soleil, sol, avion ami). Le domaine d'emploi était donc limité à la destruction d'appareils non manœuvrants, dans leur secteur arrière, et à une distance comprise entre 900 m et 4,8 km.

L'US Air Force avait pour sa part adopté le missile AIM-4B Falcon, mais au cours d'engagements simulés entre avions de l'Air Force et de la Navy, l'AIM-9 se révéla très supérieur. L'US Air Force décida donc de s'en équiper, sous le nom de GAR-8. Jusqu'à la fin 1962, 80 000 AIM-9B furent produits.

Évolutions

Les faibles performances de l'AIM-9B poussèrent l'US Navy à lancer le développement de l'AIM-9C à guidage radar semi-actif et de l'AIM-9D à guidage infrarouge. Un nouveau moteur augmentait également la portée à 18 km. La version AIM-9C à guidage radar fut développée pour donner au Vought F-8 Crusader une capacité tout temps sans avoir à changer son radar par un nouveau compatible avec l'AIM-7 Sparrow. Étant peu efficace, il ne sera construit qu'à un millier d'exemplaires. La version D n'eut pas beaucoup plus de succès malgré sa nouvelle cellule photoélectrique refroidie par azote liquide. Elle fut également construite à un millier d'exemplaires entre 1965 et 1969.

L'US Air Force de son côté, lance le développement de la version AIM-9E, équipée d'un système de refroidissement plus évolué et d'une capacité à suivre une cible manœuvrante bien supérieure (16,5°/s contre 11°/s pour les premières versions). Extérieurement, la différence par rapport à l'AIM-9B est un nez légèrement plus long et conique. Environ 5 000 AIM-9B seront convertis en AIM-9E. Les alliés aussi suivent le développement de l'AIM-9 et l'allemand BGT propose la version AIM-9F, équipée d'un système de refroidissement au dioxyde de carbone (CO2). De nombreuses forces aériennes européennes l'adopteront et 15 000 seront produits.

L'AIM-9G est une version améliorée par l'US Navy, couplant, pour l'acquisition de cibles, l'autodirecteur du missile au radar de l'avion. 2 120 AIM-9G seront produits entre 1970 et 1972. Plus tard, la Navy s'équipera de la version AIM-9H, avec un autodirecteur encore plus rapide (20°/s contre 16,5°/s), affichant une efficacité bien supérieure à ses prédécesseurs. 7 700 armes seront produites. L'Air Force produit de son côté la version AIM-9J reconnaissable à ses ailerons avant en double-delta. 10 000 seront produits par modification des AIM-9B et E.

L'Air Force et la Navy s'associent

L'US Navy et l'US Air Force décident de s'associer pour le programme AIM-9K, mais celui-ci sera abandonné peu de temps après. Par la suite, la version AIM-9L sera développée en collaboration. Cette nouvelle version doit être redoutable, capable de suivre un appareil manœuvrant brusquement, et ce, à toutes les distances du domaine de vol. L'autodirecteur de la version H laisse la place à l'AN/DSQ-29 et un détecteur InSb refroidit à l'argon et le moteur à un propulseur solide Mk36. Le système de déclenchement devient à détection de proximité par laser type DSU-15/B AOTD. Enfin, la charge devient une charge à fragmentation de 9,4 kg WDU-17/B. Toutes les performances sont améliorées. Il est désormais possible de tirer quelle que soit la position de la cible et ses évolutions, et le guidage et la létalité sont aussi bien plus efficaces. En 1982, le stock américain est de plus de 9 000 missiles[1] et environ 16 000 armes au total seront produites, aux États-Unis, en Allemagne de l'Ouest et au Japon.

Des versions export et des versions spéciales

À partir de la version L, les grandes lignes étant établies, il n'y aura plus d'évolutions majeures. Seules quelques améliorations seront apportées, telles qu'un moteur à émissions de fumée réduites, pour le rendre moins facile à repérer visuellement et de nouvelles contre-contre-mesures sur la version M. Cette version M sera elle-même déclinée en plusieurs modèles, de AMIN-9M-1 à AIM-9M-10. Cette dernière version, par exemple, a été développée pour le F/-18E/F Super Hornet. Environ 70 000 missiles en ont été produits.

L'AIM-9N est une version de l'AIM-9J à l'électronique améliorée, tandis que la version P est destinée aux clients ne pouvant s'équiper de la version L/M. Plus de 21 000 en ont été produits. L'AIM-9Q est une version développée par l'US Navy, aucune suite donnée.

Versions actuelles et futures

En 1986 est lancé le développement de la version AIM-9R, mais une réduction budgétaire eut raison de cette version qui devait être équipée d'un autodirecteur WGU-19/B IIR plus performant.

La version AIM-9S est une version export de l'AIM-9M sans le système de contre-contre-mesures. Seule la Turquie l'a commandé. Dans les années 1980, le Department of Defense chercha à remplacer l'AIM-9. Le seul missile de ce type en cours de développement était l'AIM-132 ASRAAM européen. Préférant une solution nationale, de nombreux tests seront réalisés par tous les partenaires du programme AIM-9. En 1991 est décidé de lancer le programme AIM-9X pour remplacer l'AIM-9R abandonné cinq ans plus tôt. En 1996, Hugues Aircraft co. est déclaré vainqueur du concours et se voit attribuer le contrat de développement. Les premiers tirs de tests ont lieu en 1998, et en 1999 la première cible volante est abattue. En 2002, les premiers exemplaires sont livrés à l'US Navy et l'US Air Force, alors qu'en 2004 est lancée la production à grande échelle.

AIM-9X

L'AIM-9X conserve le moteur Mk.36 et la charge WDU-17/B de l'AIM-9M, mais tout le reste de la structure est améliorée. Extérieurement, on remarque avant tout la plus petite taille des ailerons. Ce changement de taille a pour objectif une diminution de la traînée afin d'accélérer plus vite mais aussi de permettre de le loger dans les soutes des F-22 Raptor et F-35 Lightning. Il est tout de même compatible avec les rails de lancement des versions précédentes. Une autre amélioration importante est l'adaptation aux viseurs de casque JHMCS permettant au pilote de désigner une cible en tournant la tête dans la direction de celle-ci.

Le 4 décembre 2007, lors d'un test, deux AIM-9X ont réussi à détruire une fusée simulant un missile balistique, il s'agit de valider le capteur infrarouge du missile NCADE[2].

Un AIM-9X a été utilisé comme missile antinavire léger lors d'un test le 23 septembre 2009, une version sol-air tirée depuis un véhicule terrestre est produite et une version sol-air tirée depuis un sous-marin est à l'étude[3]

Le cas particulier de l'AGM-122 Sidearm antiradar

Article détaillé : AGM-122 Sidearm.

Après le retrait des Vought F-8 Crusader de l'US Navy, les missiles AIM-9C à guidage radar ne servaient plus à rien. Il fut décidé de modifier leur système de guidage à bande étroite par un récepteur à bande large, faisant de ceux-ci des missiles anti-radar. Bien que beaucoup moins performant que l'AGM-88 HARM, ce modèle transformé est très léger et peut être embarqué sur des hélicoptères. 700 seront construits sur la base de vieux AIM-9C.

Le MIM-72A Chaparral Sol-Air

Blindé israélien M113 équipé de missile MIM-72 Chaparral
Article détaillé : MIM-72 Chaparral.

Missile à tout faire, l'AIM-9 sera aussi modifié en missile sol-air de défense aérienne a courte portée. Cette version est très proche de l'AIM-9D, à l'exception de l'empennage qui ne comporte que deux « rollerons ».

Le système consiste en un blindé chenillé (châssis de M113) équipé d'une tourelle mobile à quatre rails de lancement.

RIM-116 RAM Surface-air

Article détaillé : RIM-116 Rolling Airframe Missile.

En 1993, Raytheon développe un missile d'autodéfense pour navires à faible coût, en coopération avec la firme allemande Diehl BGT Defence.

Développé à-partir du Sidewinder, ce missile, le RIM-116 Rolling Airframe Missile (RAM), reprend l'ogive, le propulseur et la fusée de l'AIM-9, auxquels est ajoutée la tête-chercheuse du FIM-92 Stinger.

AGM-87 Focus

Article détaillé : AGM-87 Focus.

Développé à la fin des années 1960 au centre d'expérimentations de l'US Navy China Lake, ce missile s'appuyait sur la version AIM-9B du Sidewinder, et était destiné à de l'emploi air-sol à courte distance, contre des cibles de petite taille et faiblement protégées. À cet effet, il conserva son autodirecteur à infrarouges, car il était prévu de se guider sur les rayonnements de chaleur émis par ses cibles, tels les moteurs de camions ou autres petits véhicules non-blindés.

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