État communiste

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Communisme (homonymie).
Carte montrant les États communistes entre 1979 et 1983.
Carte montrant les États communistes en 2013 : la Chine, Cuba, le Laos, le Viêt Nam et la Corée du Nord. Seule cette dernière garde encore une économie planifiée d'État, sans propriétés privées.

Les dénominations d'État communiste [1], régime communiste [1], pays communiste [2], [1], système communiste [3], [1] ou, dans le discours officiel de ces gouvernements, État socialiste [4] et, dans certains cas, Démocratie populaire [5] ou, plus rarement, État ouvrier [6], sont utilisés pour qualifier le régime politique d'un État dans lequel un parti se réclamant du communisme exerce le monopole de la gestion des affaires publiques [3], en tant que parti unique officiel ou bien en tant que parti dominant d'une coalition rassemblant les seuls partis autorisés. Les États identifiés comme « communistes » se réclament ou se sont réclamés du marxisme et du léninisme, rassemblés au sein d'une idéologie désignée sous le nom de marxisme-léninisme. Au cours de l'histoire, ces régimes se sont présentés comme « socialistes », le stade du socialisme étant considéré comme une étape précédant l'avènement de la société communiste proprement dite : ils sont néanmoins, par convention, désignés comme des régimes communistes, les partis les dirigeant se désignant eux-mêmes comme tels.

Au cours du e siècle, un tiers environ de l'humanité a vécu sous un régime politique catégorisé comme communiste. Les termes de « communisme » et de « socialisme » sont des éléments centraux de la propagande de régimes politiques dont l' URSS a été le principal modèle [7] : le mot « communisme » a lui-même été employé, par extension, pour désigner l'ensemble des systèmes de gouvernement pratiqués par les États — souvent différents dans leur organisation et leur pratique politique — considérés comme communistes [8]. Malgré un ensemble de références idéologiques communes, des points communs dans leur organisation et des alliances plus ou moins étroites selon les époques, les États communistes se différencient par un ensemble de réalités économiques, sociales, politiques et culturelles liés tant à leur histoire nationale qu'aux conditions d’arrivée au pouvoir des communistes locaux [9]. Ces régimes créés après 1945 en Europe, ainsi que d’autres en Asie et en Afrique, se présentaient eux-mêmes comme des «  démocraties populaires » mais étaient de fait dirigés de manière coercitive par une classe dominante appelée nomenklatura en URSS et dans le bloc de l'Est, et princes rouges en Chine. Cette classe s’appuyait sur des moyens dictatoriaux comme une police politique toute-puissante terrorisant la population, et des réseaux de camps de travail forcé (le Goulag soviétique ou le Laogai chinois).

Le terme de stalinisme a été créé pour qualifier ces régimes dictatoriaux se revendiquant du communisme, mais n’a été que rarement revendiqué par les acteurs du communisme étatique (par exemple en Albanie sous Enver Hoxha) [10]; en fait, bien que la majorité des régimes communistes du XXe siècle aient été alignés sur l’URSS, ils ne constituaient pas un bloc homogène à l’échelle du monde.

Praxis

Au-delà de la diversité dans les modes de gouvernement ou le détail des politiques appliquées, la «  praxis » politique commune de ces régimes, analysée comme une forme de totalitarisme [11], a abouti en 1989-1991 à la chute de la plupart d’entre eux [12] ou à leur métamorphose, comme en Biélorussie, Russie, Chine ou Indochine, en «  dictatures de marché » [13]; cette pratique était basée sur [14]:

  • la position constitutionnelle de jure du parti communiste local en tant que «  parti unique et organe dirigeant de l’État », interdisant de facto la constitution d’associations, syndicats ou autres structures sociales indépendantes du pouvoir, et imposant un courant de l’autorité et de légitimité » ( souveraineté), allant du sommet (le Comité Central) vers la base (les autres structures du Parti, les institutions, les entreprises, les citoyens)… ;
  • une logistique policière massive de surveillance et répression de la société civile, articulée autour de la police politique, active par la censure, l’ écoute aléatoire et sans aucun contrôle juridique des conversations téléphoniques, l’ouverture du courrier, le quadrillage territorial, institutionnel et professionnel systématique du pays, la pratique courante d’arrestations arbitraires, de tortures en cours d’interrogatoire et d’internement psychiatrique et de déportation des citoyens arrêtés, avec ou sans « jugement », dans les réseaux de camps de travail forcé comme le Goulag ou le Laogai… ;
  • une stricte planification d’état sur le plan économique, ne touchant pas seulement les orientations macro-économiques et le commerce international, mais aussi tous les aspects de la production, de la distribution et de la consommation, au mépris des ressources disponibles, des possibilités techniques, de l’environnement et des besoins de la population, interdisant toute forme d’ autogestion et induisant des inégalités entre la haute bureaucratie du parti, de l'État, de l'armée et de la police politique qui disposait d’un niveau de vie satisfaisant, et le reste de la population confronté à une pénurie permanente d’énergie, de denrées, de produits finis et de services (ce qui encourageait le développement d’une économie informelle, mais spéculative)… ;
  • un strict contrôle des activités culturelles, des média et des droits des citoyens à l’opinion, à l’expression et au déplacement (nécessitant des autorisations et divers visas préalables pour changer d’emploi, de domicile, de résidence à l’intérieur du pays, et encore plus pour voyager hors du pays, et surtout dans les pays non-communistes).
Dans d'autres langues