Équipe de France de basket-ball

Cet article traite de l'équipe masculine. Pour l'équipe féminine, voir Équipe de France de basket-ball féminine .
Drapeau : France Équipe de France masculine
Écusson de l' Équipe de France masculine
Généralités
Zone FIBAFIBA Europe
CouleursBleu, blanc, rouge
SurnomLes Bleus
Classement FIBAStable 3e (2018)[1]
Personnalités
SélectionneurDrapeau : France Vincent Collet
CapitaineBoris Diaw
Plus sélectionnéHervé Dubuisson (254 sélections)
Meilleur marqueurHervé Dubuisson (3 916 points)

Rencontres officielles historiques

Premier match
Drapeau : France 17 - 23 Drapeau : Italie Italie
Dernier match
Drapeau : France 64 - 49 Drapeau : Belgique Belgique

Palmarès

Jeux olympiquesParticipations : 8
Médaille d'argent, Jeux olympiques 2000,1948
Championnat du mondePhases finales : 7
Médaille de bronze, monde 2014
Championnat d’EuropePhases finales : 29
Médaille d'or, Europe 2013

Maillots

 
Domicile jersey
Domicile jersey
 
Domicile shorts
 
Domicile
 
Extérieur jersey
Extérieur jersey
 
Extérieur shorts
 
Extérieur

Actualités

Basketball current event.svg
Pour la dernière compétition voir :
Championnat d'Europe 2017

L’équipe de France de basket-ball est la sélection des meilleurs joueurs français. Elle est placée sous l’égide de la Fédération française de basket-ball depuis 1926.

L’équipe de France possède un titres de champion d'Europe à son palmarès, en 2013 en Slovénie

Historique

1893-1919 : origines de l'équipe de France

Rencontre France - États-Unis en 1919 au Stade Pershing.

En France, le premier match de basketball se déroule le 27 décembre 1893 au sein de l'université chrétienne de la rue de Trévise, à Paris. Jusqu'en 1917, le jeu reste toutefois confidentiel, sa pratique étant réservée à quelques dizaines de jeunes gens, principalement parisiens[2].

Le développement du basketball en France s'accélère durant la Première Guerre mondiale en raison de la présence américaine sur le territoire[2]. Durant deux ans, de 1917 à 1919, les Américains - soldats, instructeurs ou agents humanitaires - effectuent des démonstrations publiques qui rencontrent un fort succès.

L’apothéose est le tournoi international organisé lors des Jeux interalliés au Stade Pershing à Vincennes. À cette occasion, les sélections militaires des États-Unis, de l’Italie et de la France disputent trois rencontres devant plusieurs milliers de spectateurs. La sélection américaine bat la sélection française sur le score de 93 à 8, et les français terminent troisièmes de ce mini-tournoi, ayant également perdu face aux italiens, 3-15.

1926-1943 : un apprentissage rapide

Pierre Guilloux, ici en 1921, est le capitaine des Bleus lors de leur deuxième match officiel, en 1927.

L'équipe de France de basketball, à proprement parler, dispute son premier match le face à l'Italie lors d'une rencontre amicale à Milan, les locaux remportant ce match[6]. Les deux équipes se retrouvent une année plus tard à Paris, et les joueurs italiens dominent à nouveau les Français. Pierre Guilloux est le capitaine de la sélection lors de cette rencontre[7].

Jacques Flouret, international entre 1930 et 1938.

La France obtient sa première victoire internationale en basketball le en battant l'équipe de Belgique à Bruxelles. Elle réussit à l'emporter à nouveau face aux Belges en 1930 et 1931. Le premier succès à domicile est la troisième victoire contre la Belgique le à Paris. L'équipe française continue sa série de victoires en allant s'imposer au Portugal à Porto, un mois plus tard.

Le premier championnat d'Europe de basketball se déroule en 1935 à Genève, en Suisse. La France est une des dix équipes participantes. Battue de deux points par la Tchécoslovaquie au premier tour, l'équipe française joue ensuite les matchs de classement et remporte aisément ses deux rencontres pour terminer à la cinquième place de l'Euro.

L'équipe de France monte sur son premier podium dès l'Euro 1937, le deuxième de l'histoire, qui se déroule à Riga, en Lettonie. Les Bleus dominent la Pologne, 27 à 24, pour obtenir la médaille de bronze. Les fers de lance de l'équipe sont Henri Lesmayoux et Étienne Roland.

La fédération française de basketball organise la première compétition internationale sur son sol lors de cette même année 1937. Cet évènement sportif se déroule dans la capitale française, Paris, et se nomme « Coupe des Nations »[8]. À domicile, l'équipe de France remporte la compétition en battant la sélection de Lettonie en finale sur le score de 25 à 24[8]. Après ces victoires sur de nombreuses nations européennes, l'équipe française s'impose contre la Lituanie, champion d'Europe en titre, par 25 points à 18[9].

Cérémonie d'ouverture de l'EuroBasket 1939, en Lituanie

Lors des troisièmes championnats d'Europe (en 1939), l'équipe de France termine quatrième. Elle concède des défaites contre la Lettonie et la Lituanie, toutes deux finalistes, et un échec contesté en petite finale contre la Pologne[10].

Le basketball n'est pas reconnu comme une discipline olympique pour les Jeux olympiques de 1940 qui sont prévus à Tokyo puis à Helsinki. Le déclenchement de la deuxième Guerre mondiale interrompt toute compétition internationale. L'équipe de France dispute seulement deux matchs internationaux durant cette période pour deux victoires contre la Suisse et l'Espagne respectivement en 1942 et 1943. Il faut finalement attendre la fin de la guerre pour la voir à nouveau affronter d'autres équipes nationales.

1948-1963 : première époque glorieuse

La première période de gloire de l'équipe de France se situe à la fin des années 1940 et au début des années 1950.

Les Bleus décrochent la médaille d'argent aux J.O. de 1948.

En 1948, aux Jeux olympiques de Londres, l'équipe de France dirigée par Robert Busnel décroche la médaille d'argent. Lors de la première phase, les Bleus terminent 2e du groupe D avec un bilan de 3 victoires, contre l'Iran, Cuba et l'Irlande, pour une défaite contre le Mexique.

En quart-de-finale, le capitaine André Buffière et ses équipiers s'imposent après prolongation face au Chili sur le score de 53 à 52, après un tir décisif à la dernière seconde du temps réglementaire de Jacques Perrier[11]. En demi-finale, la France bat le Brésil 43 à 33, grâce à 16 points de René Derency. En finale, les États-Unis se révèlent intouchables et décrochent la médaille d'or sur le score de 65 à 21.

Dans la foulée de cette médaille olympique, l'équipe de France accroche trois podiums européens consécutifs : 2e en 1949, 3e en 1951 et 1953. La sélection se classe également 4e du Championnat du Monde 1954 qui se déroule au Chili. Le Roannais André Vacheresse et le joueur du PUC Roger Antoine sont les chefs de file de cette génération.

Après un petit passage à vide au milieu des années 1950, l'équipe de France obtient une nouvelle médaille de bronze, à l'Euro 1959, en Turquie, sous la direction du sélectionneur André Buffière. Tandis que le vétéran Robert Monclar est le patron de l'équipe, l'ailier Maxime Dorigo, 23 ans, est la révélation du tournoi dans le camp français.

Sous la conduite du meneur Jean Degros, soutenu par Dorigo, Baltzer et le jeune Alain Gilles, les Bleus obtiennent la 5e place du championnat du monde 1963, qui se tient à Rio de Janeiro, au Brésil. Maxime Dorigo termine meilleur marqueur du Mondial au total de points (155, soit 17,2 points par match) et est élu dans le cinq idéal de la compétition[12].

1964-1982 : traversée du désert

Deux hommes ebout, de face. Celui de gauche tend un micro vers celui-ci de droite, qui est barbu.
Alain Gilles, le joueur phare des années 1970.

Les années qui suivent sont moins glorieuses, la France déclinant progressivement avant de disparaître complètement des deux compétitions mondiales majeures durant la deuxième moitié des années 1960 et les années 1970, manquant cinq éditions d'affilée de chacun de ces tournois internationaux.

Malgré l'éclosion de joueurs de talent, comme Alain Gilles puis Jacques Cachemire, l'équipe manque les Jeux Olympiques entre 1960 et 1984, ainsi que le championnat du monde entre 1963 et 1986. Sur la scène européenne, les Bleus ratent la qualification à l'Euro en 1969 et 1975, pour ce qui constitue les deux seuls rendez-vous manqués par l'équipe.

1983-1998 : redressement difficile

Le Forum d'Inglewood, théâtre des J.O. 1984.

Les années 1980 voient éclore une génération porteuse d'espoirs comptant dans ses rangs, entre autres, Hervé Dubuisson, Richard Dacoury et Stéphane Ostrowski. Durant cette décennie, la France fait son retour aux Jeux olympiques, en 1984, et au Championnat du monde, en 1986. Une présence qui ne sera pas couronnée de succès.

Lors de l'Euro 1983 organisé en France (à Limoges, Caen et Nantes)[13], les Bleus obtiennent la 5e place avec un bilan de 4 victoires pour 3 défaites. L'intérieur Philip Szanyiel est le meilleur marqueur de l'équipe avec une moyenne de 19 points par match. Au printemps 1984, l'équipe de France dispute le tournoi préolympique, qui est également organisé en France (à Orléans et Paris-Bercy). Sur la lancée de leur bonne prestation à l’Euro 1983, les Bleus décrochent leur billet pour le tournoi olympique de Los Angeles, qui se déroule au Forum d'Inglewood.

Mais l'expérience olympique est un fiasco retentissant, tant sur le plan sportif (11e sur 12) que médiatique. En raison d'écarts de conduite, le sélectionneur Jean Luent prive Richard Dacoury et les frères Éric et Gregor Beugnot de la rencontre face aux Américains, une débâcle conclue par la plus lourde défaite de l'histoire des Bleus (62-120). Cette décision, combinée aux six défaites sur sept rencontres, présentent les basketteurs comme des touristes[14].

Après les Jeux Olympiques, les Bleus disputent les qualifications pour le Championnat du monde 1986[15]. Avec un bilan de 3 victoires pour 3 défaites, l'équipe termine deuxième du groupe C derrière la Grèce et n'est pas qualifiée. Mais la FIBA lui octroie tout de même une invitation pour l’événement, au même titre que la Nouvelle-Zélande.

Ces qualifications pour le Mondial 1986 sont marquées par une rencontre épique disputée face à la Grèce à Equeurdreville, en Basse-Normandie, le . Ce jour-là, les Bleus s'inclinent après trois prolongations sur le score de 130 à 126, ce qui représente à la fois le record de points marqués et encaissés par l'équipe de France. Hervé Dubuisson termine la partie avec 51 points, le record pour un international français.

Pour le Championnat du monde 1986, qui se déroule en Espagne, la sélection compte, entre autres, Hervé Dubuisson, Eric Beugnot, Richard Dacoury et Stéphane Ostrowski. Défaits d'entrée par l'Espagne (84-80) puis la Grèce (87-84) les Bleus alignent ensuite trois succès, contre le Brésil, la Corée du Sud et Panama. Troisième du groupe A ex æquo avec la Grèce, la France est néanmoins éliminée au point-average particulier et achève le tournoi à la 13e place.

Durant les années 1990, l'équipe de France se reconstruit et a souvent fière allure, mais des problèmes de santé et/ou d'ambiance interne lors des tournois européens la privent des grands rendez-vous mondiaux jusqu'en 2000.

1999-2000 : retour réussi aux Jeux olympiques

Tariq Abdul-Wahad, un personnage controversé lors de l'EuroBasket 1999.

L'EuroBasket 1999 est organisé en France, sur sept sites différents. L'équipe construite autour d'Antoine Rigaudeau et Tariq Abdul-Wahad réalise un bon tournoi, bien que des problèmes internes ébranlent le groupe en fin de compétition (affaire dite "des chaussettes hautes"[16]).

Les Bleus disputent le premier tour à Toulouse, le deuxième à Pau avant de rallier le Palais omnisports de Paris-Bercy pour la phase finale.

En quart-de-finale, la France écarte la Turquie au bout du suspens (66-63), grâce à un tir à trois-points décisif de Laurent Foirest, et obtient par conséquent son ticket pour les Jeux olympiques de Sydney. En demi-finale, elle échoue face à l'Espagne (63-70) emmenée par un Alberto Herreros de gala, auteur de 29 points. Sur fond de querelles intestines, l'équipe se classe finalement 4e, après une défaite contre la Yougoslavie lors de la petite finale (74-62) à laquelle ne participe pas Tariq Abdul-Wahad, victime d'une "blessure qui fait beaucoup jaser"[16].

En 2000, la France retrouve donc les Jeux olympiques, après seize ans d'absence. Par rapport à l'Euro 1999, le sélectionneur Jean-Pierre De Vincenzi décide d'écarter Tariq Abdul-Wahad et de rappeler Yann Bonato. Le pivot américain naturalisé Crawford Palmer intègre le groupe, où il prend la place d'un autre naturalisé, Ronnie Smith. Par ailleurs, l'ossature de l'équipe reste la même qu'en 1999, avec Antoine Rigaudeau, Laurent Sciarra et Moustapha Sonko sur le poste de meneur, Stéphane Risacher et Laurent Foirest à l'aile, et Jim Bilba, Frédéric Weis et Cyril Julian à l'intérieur.

Cérémonie d'ouverture des Jeux de Sydney.

Malgré une phase de poule difficile[17], les Bleus se qualifient pour le tournoi final, où ils éliminent successivement le Canada de Steve Nash en quart-de-finale (68-63), l'Australie de Luc Longley, qui évolue pourtant à domicile, en demi-finale (76-52)[18], avant de s'incliner avec les honneurs face aux États-Unis en finale.

À 4 minutes et 26 secondes de la fin de la finale, grâce à un panier à trois-points d'Antoine Rigaudeau, l'équipe de France recolle à 4 points (76-72) et sème le doute dans le camp américain[19]. Inquiet, leur coach Rudy Tomjanovich est contraint de demander un temps-mort. Les Bleus se prennent à rêver d'exploit mais sous l'impulsion de Kevin Garnett et Vince Carter, les États-Unis résistent et s'imposent finalement 85 à 75[20].

Cinquante-deux ans après les Jeux de Londres, les Bleus décrochent la 2e médaille d'argent olympique du basket français[21]. Antoine Rigaudeau termine meilleur marqueur français du tournoi avec 12,6 points de moyenne[22], mais c'est Laurent Sciarra qui s'impose comme le leader de la sélection lors de la deuxième semaine de compétition. Le meneur niçois est le meilleur marqueur des Bleus lors des trois matches de la phase éliminatoire (19 points en finale, meilleur marqueur du match)[23].

2001-2008 : les hésitations

Articles détaillés : Équipe de France en 2005 et 2007.
Tony Parker (photographié ici en 2011) dispute son premier Euro en 2001, à l'âge de 19 ans.

Durant les années 2000, l'équipe de France est incapable de capitaliser sur sa médaille d'argent obtenue à Sydney et, malgré l'arrivée d'un jeune joueur très prometteur, Tony Parker, elle retombe dans ses travers, alternant performances encourageantes et désillusions.

L'ossature de l'équipe vice-championne olympique est conservée pour l'Euro 2001, à l'exception notable d'Antoine Rigaudeau qui, à 29 ans, annonce sa retraite internationale quelques jours seulement avant le début de la préparation[24]. Un gros coup dur pour le nouveau sélectionneur Alain Weisz, qui a pris la succession de Jean-Pierre De Vincenzi à la tête de l'équipe.

Tout juste drafté par les Spurs de San Antonio, Tony Parker participe, à 19 ans, à sa première compétition internationale chez les seniors. Mais sans Rigaudeau, l'équipe ne confirme pas sa performance des Jeux : elle est battue en quart de finale par l'Allemagne (81-77) et finit à la 6e place. Une nouvelle génération, celle des champions d'Europe juniors en 2000, prend alors la relève.

L'objectif affiché en 2003 lors du championnat d'Europe n'est rien d'autre que le titre. L'équipe menée par Tony Parker, qui a été sacré champion NBA quelques mois auparavant, comprend deux autres joueurs estampillés NBA : Jérôme Moïso et Tariq Abdul-Wahad, qui effectue pour l'occasion son retour en sélection. L'effectif comprend également Laurent Foirest, Boris Diaw, sur le point de rejoindre la NBA, Cyril Julian et Florent Piétrus. Mais malgré les promesses liées à une dimension physique jamais vue en équipe de France, la sélection échoue en demi-finale contre la Lituanie, puis se saborde totalement lors du match pour la troisième place contre l'Italie, qualificatif pour les Jeux olympiques 2004 d'Athènes.

Pour l'édition 2005, organisée en Serbie-Montenegro, le nouveau sélectionneur Claude Bergeaud décide d'écarter Moïso et Abdul Wahad. Les trois jeunes joueurs NBA Tony Parker, Boris Diaw, et Mickaël Piétrus font partie des leaders d'une équipe qui voit revenir le vétéran Antoine Rigaudeau, qui sort de sa retraite internationale pour accepter un dernier défi. Bergeaud surprend également en sélectionnant au dernier moment un autre médaillé de Sydney, le pivot Frédéric Weis qui n'a pas effectué la préparation.

Le Centre sportif SPENS à Novi Sad, théâtre du match de barrage face à la Serbie-Monténégro, à l'Euro 2005.

Après un premier tour raté (1 victoire, 2 défaites), l'équipe de France réalise deux exploits dans des matchs couperets. À Novi Sad, elle élimine tout d'abord en barrages la Serbie-Monténégro (74-71), championne du monde en titre, qui joue à domicile. Pour cette rencontre, le sélectionneur Claude Bergeaud décide de titulariser Rigaudeau à la place de Parker, une stratégie qui s'avèrera payante lors de toute la phase éliminatoire. En quart de finale, grâce à une très grande performance défensive, les Bleus s'imposent largement face aux tenants du titre, les Lituaniens (63-47). En demi-finale, la France retrouve sa bête noire, la Grèce. Elle échoue sur le score de 66 à 67, après un tir à trois-points décisif de Dimitris Diamantidis à 3 secondes de la sonnerie, alors même que les Français menaient de sept points à 45 secondes du terme[25]. Mais, au contraire de 2003, les Bleus remportent la médaille de bronze en battant très largement l'Espagne, de trente points (98-68)[26]. Auteur d'un tournoi très complet sur le plan statistique (13,7 pts, 5,3 rbds, 3,4 pd et 1,3 ct), l'ailier Boris Diaw est élu dans le cinq idéal de la compétition, aux côtés de Dirk Nowitzki (Allemagne), désigné MVP, Juan Carlos Navarro (Espagne), Dimitris Diamantidis et Theódoros Papaloukás (Grèce).

La France dispute le mondial 2006 sans Tony Parker, victime d'un doigt vrillé deux jours avant la compétition. Les Spurs, qui viennent de lui signer un contrat de 51 millions d'Euros ne lui permettent pas de participer. Après un premier tour ponctué de trois victoires pour deux défaites, dont une face au Liban, la France bat l'Angola en huitième de finale avant de s'incliner en quart face à la Grèce, sur le score de 73 à 56. Deux victoires en matchs de classement octroient une belle cinquième place aux Français[27].

Mais l'équipe de France retombe dans ses travers lors de l'Euro 2007. Elle ne parvient pas à trouver son jeu et se fait éliminer dès les quarts de finale par la Russie (75-71), puis est battue lors des matches de classement par la Croatie (86-69) et la Slovénie (88-74). Terminant à la huitième place, elle manque ainsi pour la deuxième fois consécutive une qualification aux Jeux olympiques[28].

En 2008, Michel Gomez est de retour au poste d'entraîneur, qu'il a déjà occupé de 1993 à 1995. L'équipe doit passer par les qualifications pour pouvoir participer au championnat d'Europe suivant, en 2009. Elle ne parvient pas à s'y qualifier directement[29] et doit disputer un tournoi de repêchage en août, tout juste un mois avant l'Euro. Un nouveau sélectionneur est nommé en la personne de Vincent Collet, l'entraîneur de l'ASVEL Lyon-Villeurbanne.

2009-2016 : l'âge d'or

Articles détaillés : Équipe de France en 2009, 2010, 2011, 2012 et 2013.

Sous la direction de Collet, les Bleus gagnent le dernier billet pour l'Euro 2009 en disposant de la Belgique lors de la finale des repêchages. Lors du championnat d'Europe, la France, qui remporte ses six rencontres des deux premiers tours, échoue en quart de finale face à l'Espagne. Les Français terminent finalement à la cinquième place avec une seule défaite (contre le futur champion), place synonyme de qualification directe pour les deux prochaines compétitions majeures.

Lors du mondial 2010, le sélectionneur se voit confronté à de nombreux forfaits. Tony Parker, après une saison perturbée par des blessures, désire prendre une pause avec la sélection et privilégier la compétition suivante, le championnat d'Europe 2011, qui sera qualificative pour les Jeux olympiques 2012. Ronny Turiaf désire soigner une blessure récurrente au genou. C'est ensuite Antoine Diot, Kevin Séraphin puis Rodrigue Beaubois qui déclarent forfait. Avec trois victoires et deux défaites, les français se qualifient pour les huitièmes de finale où ils affrontent la Turquie, équipe qui évolue à domicile et qui l'emporte sur le score de 95 à 77[30].

L'équipe finaliste de l'EuroBasket 2011.

L'équipe de France retrouve Tony Parker lors du championnat d'Europe disputé en Lituanie et peut compter sur l'arrivée de Joakim Noah, qui dispute sa première compétition officielle sous le maillot bleu. Elle est d'autant plus importante pour les Bleus qu'elle sert de qualification pour les jeux de Londres. La France obtient sa place pour les jeux en se qualifiant pour la finale après deux premiers tous avec une seule défaite, face à l'Espagne, puis grâce à des victoires face à ses vieux démons : la Grèce en quart de finale et la Russie en demi-finale. Opposée à nouveau à l'Espagne en finale, la sélection française s'incline sur le score de 98 à 85[31].

L'année 2012 marque le retour de la sélection aux Jeux olympiques, dont elle avait manqué les deux éditions précédentes. L'équipe est légèrement remaniée par rapport à 2011. Forfait en raison d'une blessure mal soignée à la cheville, le pivot Joakim Noah en est le grand absent. Il est remplacé par Ronny Turiaf, qui retrouve sa place dans l'équipe. Après plusieurs années d'absence, l'ailier Yakhouba Diawara réintègre également le groupe, à la place de Charles Kahudi. Avant le début de la compétition, les Bleus font partie des outsiders pour une médaille. "Si la France était une équipe NBA, elle ferait les playoffs", estime le manager général des Wizards de Washington[32].

Ronny Turiaf (14), Boris Diaw (13), Nicolas Batum (5) et Tony Parker (9) abattus après leur défaite contre l'Espagne aux Jeux de Londres.

En phase de poule, les Français débutent face au favori de la compétition, les États-Unis. Au contact des Américains au terme du premier quart-temps, achevé avec un point de retard (21-22), les Bleus subissent un 12 à 0 en début de deuxième quart-temps et atteignent la mi-temps avec 16 points de débours (36-52). En panne de réussite, les Français s'inclinent finalement 98 à 71. Mais l'équipe se ressaisit rapidement et aligne quatre succès consécutifs pour clôturer ce premier tour. Ils écartent successivement l'Argentine (71-64), la Lituanie (82-74), la Tunisie (73-69) et le Nigeria (79-73). Ils terminent ainsi à la deuxième place du groupe A avec un bilan de quatre victoires pour une défaite, derrière les États-Unis, invaincus. La France remplit donc son premier objectif, ce qui doit en théorie lui éviter de rencontrer l'Espagne en quart de finale. Mais la théorie vole en éclats puisque les Espagnols sont vaincus à deux reprises en phase de poule, par la Russie puis, lors de la dernière journée, par le Brésil, dans un match qu'ils sont soupçonnés d'avoir volontairement perdu afin d'éviter la partie de tableau des Américains en phase finale[33]. Quoi qu'il en soit, l'Espagne termine donc troisième du Groupe B et retrouve la France en quart de finale.

Remontés, à l'image de Boris Diaw, les Français prennent rapidement les commandes du match et achèvent le premier quart-temps avec 5 points d'avance (22-17). Ils comptent même jusqu'à 7 points d'avance, mais les Espagnols réduisent l'écart à la pause (37-34). Les Bleus essuient un 2-9 au retour des vestiaires mais ne s'effondrent pas. Ils comptent toujours 2 points d'avance au début du quatrième quart-temps (53-51). La fin de la rencontre est étouffante, aucune équipe ne parvenant à marquer pendant 5 minutes et 4 secondes[34]. Confrontés à un dramatique manque de réussite, les Bleus craquent dans les derniers instants. Frustrés, Ronny Turiaf et Nicolas Batum commettent deux violentes fautes antisportives dans les dernières secondes[35]. L'équipe de France s'incline finalement sur le score de 66 à 59[36] et quitte donc le tournoi olympique aux portes du top 4.

Pour l'Euro 2013 en Slovénie, l'équipe de France nourrit de grandes ambitions, notamment après les forfaits de trois joueurs majeurs espagnols[37]. Mais elle doit faire elle-même face à une vague de défections, avec pas moins de sept forfaits au poste d'intérieur : Joakim Noah[38], Kevin Séraphin[39], Ian Mahinmi, Ali Traoré, Ludovic Vaty (fin de carrière prématurée[40]), Ronny Turiaf[41] et Rudy Gobert[42]. Pour pallier ces absences, Vincent Collet rappelle Johan Petro et fait confiance à Alexis Ajinça et Joffrey Lauvergne, qui disputent pour l'occasion leur première compétition internationale.

Logo de l' EuroBasket 2013.

Les Bleus chutent d'entrée contre l'Allemagne, 80 à 74, lors de leur premier match. Cependant, ils parviennent à terminer premiers de leur poule au premier tour en enchaînant les victoires contre la Grande-Bretagne (88-65), Israël (82-63), l'Ukraine (77-71) et la Belgique (82-65). Le second tour est plus compliqué. L'équipe de France s'incline contre la Lituanie (76-62) et la Serbie (77-65). Toutefois, les Bleus se qualifient pour les quarts de finale grâce à leur victoire face à la Lettonie ponctuée d'un festival offensif (102-91).

La France affronte l'hôte de la compétition, la Slovénie, en quart de finale. Malgré l'hostilité du public local, les Français s'imposent de 10 points (72-62) et assurent leur qualification pour la coupe du monde de 2014 en Espagne[43]. En demi finale, Tony Parker et ses coéquipiers défient de nouveau l'Espagne, double tenante du titre, mais qui a déjà chuté à trois reprises dans la compétition. Les Français sont tout d'abord malmenés et finissent la première mi-temps avec 14 points de retard (34 à 20). Après une seconde période âpre et disputée, les Bleus arrachent la prolongation et parviennent à l'emporter de 3 points, 75 à 72, portés par Tony Parker, auteur de 32 points. En finale, l'équipe du France retrouve la Lituanie. Le premier quart-temps est à la hauteur de l’événement. Les deux équipes répondent présent dans le combat et la Lituanie domine la France après 10 minutes (22 à 19). Le deuxième quart-temps marque le retour des Français qui réalisent une période parfaite (31-12) en assommant l'équipe balte avant la pause grâce à un spectaculaire trois-points réussi à la sonnerie par Antoine Diot[44]. À la mi-temps, les Bleus sont largement devant (50 à 34). Tony Parker et ses coéquipiers réussissent à gérer leur avance durant la seconde période et s'imposent logiquement 80 à 66. L'équipe de France masculine de basket remporte ainsi son premier titre en devenant championne d'Europe 2013[45]. Meilleur marqueur de la compétition avec 19 points de moyenne, Tony Parker est désigné meilleur joueur, MVP, du tournoi[46].

À la Coupe du monde 2014, en Espagne, l'équipe est privée de Tony Parker, qui a été laissé au repos, et une nouvelle fois, de Joakim Noah. À ces forfaits s'ajoutent ceux d'Alexis Ajinça, Kevin Seraphin, puis Nando de Colo et Ian Mahinmi, tous deux blessés durant la préparation[47]. Malgré tout, le capitaine Boris Diaw annonce que la France vise une médaille lors de cette compétition[48].

Supporters de l'équipe de France.

Après un premier tour conclu avec 3 victoires (Serbie, Égypte, Iran) et 2 défaites (Brésil, Espagne), les Bleus s'imposent face à la Croatie en huitième-de-finale. Ce succès leur offre une nouvelle confrontation avec l'Espagne, en quart-de-finale. À domicile et au complet, l'équipe espagnole est la grande favorite de la rencontre, d'autant qu'elle a facilement écarté les Bleus au premier tour (88-64)[49]. Mais grâce à une grande prestation défensive, notamment de la part du jeune pivot Rudy Gobert face à Pau Gasol, la France réalise l'exploit (65-52) et se qualifie pour les demi-finales pour la seconde fois de son histoire seulement, après 1956[50]. Opposée à la Serbie, l'équipe ne réédite pas sa performance défensive réalisée face à l'Espagne et s'incline sur le score de 89 à 85. Le lendemain, elle réussit néanmoins à prendre le meilleur sur la Lituanie lors de la petite finale, et remporte ainsi la première médaille de son histoire à la Coupe du Monde[51]. Meilleur marqueur de l'équipe (14,6 pts) et auteur d'une grande fin de tournoi (62 pts en 2 matches), l'ailier Nicolas Batum est élu dans le cinq idéal de la compétition, aux côtés de Kyrie Irving (États-Unis), désigné MVP, Milos Teodosic (Serbie), Kenneth Faried (États-Unis) et Pau Gasol (Espagne)[52].

Lors du championnat d'Europe 2015, la France se qualifie pour les demi-finales, qualificatives pour le tournoi préolympique des Jeux olympiques de Rio, face à l'Espagne, leur principal adversaire ces dernières années. Après le quart de finale de l’Euro 2009 (66-86 pour l’Espagne), le match d'ouverture des Championnats du monde 2010 (72-66 pour la France), la double confrontation à l'Euro 2011 (deux victoires de l’Espagne, 69-96 en phase de poules, puis 85-98 en finale), les Jeux olympiques 2012 (victoire de l’Espagne en quart de finale 66-59), l'Euro 2013 (victoire de la France en demi-finale, 75-72) et enfin à la Coupe du monde 2014 (victoire de la France 65-52) ; cette rencontre est la huitième en six ans opposant les deux nations[53]. La France est battue par l'Espagne au terme d'une prolongation insoutenable sur le score de 80 à 75. 3 jours plus tard, elle remporte la médaille de bronze de cet eurobasket 2015 devant 25 000 personnes à Lille.

Finissant à l'une des 7 premières places de l'Eurobasket 2015 (mais échouant en demi-finale), l'équipe de France gagne son billet pour l'un des trois tournois de qualification olympique pour les jeux de Rio organisé en Juillet 2016 (un mois avant le début des Jeux). Le tirage au sort envoie l'équipe de France au tournoi de Manille aux Philippines en compagnie de 5 autres nations (le Canada, la Turquie, le Sénégal, la Nouvelle-Zélande et le pays hôte les Philippines)[54]. Favoris de la compétition, la France tient son rang et remporte le tournoi (battant en finale le Canada) synonyme de qualification aux Jeux de Rio[55].

Malgré une qualification tardive, l'équipe de France nourrit de grandes ambitions aux Jeux olympiques de Rio 2016 et vise une médaille olympique. Lors du tour préliminaire (phase de groupe) la France affronte respectivement l'Australie (défaite 66-87), la Chine (victoire 88-60), la Serbie (victoire 76-75), le Vénézuéla (victoire 96-56) et les États-Unis (défaite 97-100) et finit 3e du groupe A avec un bilan de 3 victoires et 2 défaites. L'équipe de France accède donc à la phase finale de la compétition et croise une nouvelle fois la route de sa grande rivale la sélection espagnole pour une nouvelle confrontation en quart de finale. Malheureusement le match très attendu n'a pas lieu : les bleus trop imprécis face à une "Roja" des grands jours doivent s'incliner lourdement sur un score sans appel (92-67). La France, éliminée en quart de finale, termine à la 6e place du tournoi olympique de Rio 2016.

Une page de l'histoire de l'équipe de France de Basketball se tourne à l'issue de ces Jeux car comme annoncé avant la compétition, le meneur emblématique des Bleus Tony Parker (alors âgé de 34 ans) prend sa retraite internationale, ainsi que deux autres joueurs marquants Florent Piétrus et Mickaël Gelabale.

2017- : Team France Basket

À partir de l'année 2017, la Fédération internationale de basket-ball (FIBA) réorganise ses calendriers de compétitions internationales et instaure des phases de qualifications pour les championnats continentaux, la Coupe du monde et les Jeux olympiques[56] (à l'image d'autres sports comme le football).

Ces phases de qualifications sont planifiées les étés des années paires mais aussi en milieu de saison des clubs. Cette situation pose des soucis quant à la venue des joueurs majeurs dans les rangs de l'équipe de France. En effet, les franchises NBA et les clubs d'Euroleague ont d'ores et déjà annoncé qu'ils ne laisseraient pas de joueurs de leur effectif partir jouer avec leur sélection nationale en plein milieu de saison[57],[58].

Cette nouvelle organisation mondiale du basket-ball pousse la FFBB à mettre en place une nouvelle stratégie permettant une structure de l'équipe de France sur le long terme et ayant pour objectif la qualification à la Coupe du Monde 2019 et aux Jeux Olympiques de 2020[59].

De cette nouvelle stratégie naît le Team France Basket, qui devient le nouveau nom officiel de l’ensemble des internationaux français sélectionnables.

Le Team France Basket est à l'été 2017 composé de 37 joueurs ayant tous signé une charte d’engagement qui les engage jusqu’aux Jeux Olympiques de Tokyo en 2020.

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