Édouard II

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Édouard II
Illustration.
Gisant d'Édouard II à la cathédrale de Gloucester
Titre
Roi d'Angleterre et seigneur d'Irlande

(19 ans, 6 mois et 18 jours)
Couronnement en l'Abbaye de Westminster
PrédécesseurÉdouard Édouard Ier
SuccesseurÉdouard III
Duc d'Aquitaine

(18 ans, 2 mois et 3 jours)
PrédécesseurÉdouard Édouard Ier
SuccesseurÉdouard III
Prince de Galles

(6 ans et 5 mois)
PrédécesseurPremier titulaire
SuccesseurÉdouard de Woodstock
Comte de Ponthieu

(34 ans, 9 mois et 5 jours)
PrédécesseurÉléonore de Castille
SuccesseurÉdouard III
Biographie
DynastiePlantagenêt
Date de naissance
Lieu de naissanceChâteau de Caernarfon (Principauté de Galles)
Date de décès (à 43 ans)
Lieu de décèsChâteau de Berkeley, Gloucestershire (Angleterre)
SépultureCathédrale de Gloucester
PèreÉdouard Édouard Ier d'Angleterre
MèreÉléonore de Castille
ConjointIsabelle de France
EnfantsÉdouard III Red crown.png
Jean d'Eltham
Aliénor d'Angleterre
Jeanne d'Angleterre
Adam FitzRoy (illégitime)
HéritierThomas de Brotherton
(1307-1312)
Édouard de Windsor Red crown.png
(1312-1327)

Édouard II
Monarques d'Angleterre

Édouard II (25 avril 1284 – 21 septembre 1327), aussi appelé Édouard de Carnarvon, est roi d'Angleterre de 1307 jusqu'à sa déposition en janvier 1327.

Quatrième fils du roi Édouard Édouard Ier, Édouard devient héritier apparent du trône après la mort de son frère aîné Alphonse. À partir de 1300, Édouard accompagne son père dans les campagnes de pacification en Écosse, et en 1306, il est adoubé au cours d'une grande cérémonie à l'abbaye de Westminster. Édouard accède au trône en 1307, à la mort de son père. En 1308, il épouse Isabelle de France, la fille du puissant roi de France Philippe IV le Bel, afin de résoudre les tensions entre les couronnes d'Angleterre et de France.

Édouard a une relation privilégiée et controversée avec Pierre Gaveston, qui rejoint sa suite en 1300. La nature précise de leur relation reste incertaine : ils auraient pu être amis, amants ou frères de sang. L'arrogance et les pouvoirs de Gaveston en tant que favori royal déplaisent aux barons d'Angleterre ainsi qu'à la France. Édouard est contraint de l'exiler. À son retour, les barons forcent le roi à accepter des réformes sur les prérogatives royales, connues sous le nom d'ordonnances de 1311. Les barons, devenus désormais suffisamment puissants, bannissent une nouvelle fois Gaveston. Édouard répond à ces défiances en révoquant les réformes et en rappelant son favori. Conduit par le cousin d'Édouard, Thomas de Lancastre, un groupe de barons s'empare de Gaveston et le fait exécuter en 1312, débutant ainsi plusieurs années de confrontation avec le souverain. Les forces anglaises sont repoussées d'Écosse après une défaite retentissante à Bannockburn par le roi d'Écosse Robert Bruce en 1314. Une grande famine apparait par la suite, et le mécontentement envers le roi grandit.

La famille Despenser, en particulier Hugues le Despenser le Jeune, devient proche d'Édouard, mais en 1321 Lancastre et de nombreux barons s'emparent des terres des Despenser et contraignent le roi à les exiler. En réponse, Édouard conduit une campagne militaire éclair, à l'issue de laquelle il fait capturer puis exécuter Lancastre. Édouard et les Despenser renforcent leur mainmise sur le pouvoir, en révoquant formellement les réformes de 1311, en faisant exécuter leurs ennemis politiques et en leur confisquant leurs domaines. Incapable de reprendre l'avantage en Écosse, Édouard doit signer une trêve avec Robert Bruce. L'opposition au régime ne cesse de croître, et quand en 1325 Isabelle est envoyée négocier un traité de paix avec la France, elle se retourne contre son époux et refuse de revenir en Angleterre. Isabelle s'allie avec le baron exilé Roger Mortimer et conduit une invasion de l'Angleterre avec une petite armée en 1326. Le régime d'Édouard s'effondre et il doit s'enfuir en Galles, où il est capturé en novembre. Édouard est contraint de renoncer à la couronne en janvier 1327 en faveur de son fils aîné, Édouard III, et meurt le 21 septembre 1327 au château de Berkeley, probablement assassiné sur ordre du nouveau régime.

La relation d'Édouard avec Gaveston inspire en 1592 au dramaturge Christopher Marlowe la pièce Édouard II, ainsi que d'autres pièces ou films. Beaucoup se sont concentrés sur la possible relation sexuelle entre les deux hommes. Les contemporains d'Édouard II ont critiqué son exercice de l'autorité royale, notant ses échecs en Écosse et le régime oppressif à la fin de son règne, bien que les académiciens du e siècle ont affirmé que la montée en puissance du Parlement qui a lieu sous son règne a par la suite eu des conséquences satisfaisantes pour l'Angleterre sur le long terme. Il existe toujours au e siècle un débat sur le fait qu'Édouard était un roi fainéant et incompétent, ou simplement un souverain réticent et finalement inefficace. Plus positivement, Édouard s'est intéressé de son vivant aux universités d'Oxford et de Cambridge.

Contexte

Édouard II est le quatrième et dernier fils d'Édouard Édouard Ier et de sa première épouse, Éléonore de Castille[1]. Son père est roi d'Angleterre et a également hérité la Gascogne en France, qu'il détient en tant que vassal féodal du roi de France, ainsi que la seigneurie d'Irlande[2]. Sa mère est issue de la famille royale castillane, et possède le comté de Ponthieu dans le nord de la France. Édouard Ier est un chef militaire accompli, qui a notamment écrasé la révolte baronniale en 1265 et a également participé à la Neuvième croisade[3]. En 1282, il conquiert le Pays de Galles et en 1291, il intervient dans la crise de succession écossaise, en revendiquant le titre de souverain de l'Écosse[4]. Il est considéré comme un souverain extrêmement habile par ses contemporains, largement capable de contrôler les puissants barons d'Angleterre[5],[6],[7]. L'historien Michael Prestwich décrit Édouard Ier comme un roi inspirant crainte et respect, tandis que John Gillingham le dépeint comme un tyran efficace[8],[9],[10].

Malgré ses succès, lorsque Édouard Ier décède en 1307 il laisse une série de défis à résoudre à son fils[11]. Un des plus critiques est l'Écosse, où Édouard Ier conduisait à sa mort une longue mais inefficace campagne militaire[12]. Le contrôle d'Édouard sur la Gascogne crée des tensions avec les rois de France[13]. En effet, ceux-ci insistent pour que les rois d'Angleterre viennent rendre l'hommage pour leurs terres continentales. Les rois d'Angleterre ont toujours considéré cette demande comme une insulte à leur honneur et l'issue de ce duel reste en 1307 non résolue[13],[14],[15],[16],[17]. Édouard Ier avait également dû faire face à une opposition grandissante de ses barons contre les taxes qu'il imposait pour ses guerres en Écosse. Il laisse à sa mort une dette de 200 000 £[N 1].

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